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Par madmartigan le 25 Mars 2010 à 11:21
Léviathan Thot d'Ernesto Neto. Du 15 septembre au 31 Décembre 2006 Au Panthéon
En bonne petite étudiante en art et en design que je suis,oui, oui, j’aime le travail d’Ernesto Neto, ces collants de lycra tendus par le poids d’épices ou de billes de polystyrène.
Neto forme des espaces suspendus au plafond qui se déploient comme une armée de stalactites mous. Terriblement organique et terriblement attractif.
Ces installations sont sensorielles. Les épices titillent notre odorat, la matière du lycra incite au toucher et la suspension au plafond agit comme un étouffeur de bruit, mais pas d’oppression ici, on n’est pas chez Beuys. C’est sûr, il y a une recette Neto et elle est efficace même si elle peut sembler lassante. Quand j’apprends qu’une installation monumentale occupe le Panthéon, je pense d’abord au volume du monument et frémit d’avance à l’idée d’une installation si grande. Et l’effet est au rendez-vous, Léviathan Thot s’inscrit dans tout l’espace du Panthéon. Il suit son plan en croix et se répand sur ces quatre nefs. La suspension en contraste avec la pesanteur des collants accentuent la hauteur du bâtiment, comme si elle devenait palpable.
Neto en a pris un grade dans ma petite culture artistique mais il continue de me séduire. J’ai la bonne excuse d’être trop jeune je pense, pour m’engager dans un jugement sur la décision d’implanter cette installation ou non dans un monument historique tel que le Panthéon mais les questions qu’elle soulève ainsi que ses conditions (dans le cadre du festival d’automne, Neto est invité par le Ministère de la Culture) sont terriblement intéressantes au delà des lamentations habituelles « oui, et tout ça avec l’argent du contribuable ».
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Par madmartigan le 16 Décembre 2009 à 09:08
Madeleine Berkhemer née à Bergen op Zoom (Pays-Bas) en 1973, vit et travaille à Rotterdam (Pays-Bas). Le corps, le fragment, le découpage, l’assemblage sont au cœur du travail de Madeleine Berkhemer quelles que soient les disciplines envisagées. L’artiste s’attache souvent aux jambes féminines gainées de collants, cet accessoire qui a désormais remplacé l’objet du fantasme numéro un chez les hommes : le porte-jarretelles. Que ce soit pour son défilé de fin d’études, ses photographies ou ses installations, le collant se fait matériau de création. Il peut devenir l’écrin raffiné d’un buste, d’une jambe ou d’objets hétéroclites, couvrir la peau ou au contraire envahir l’espace tel un fantasque mobile. Mais il renvoie toujours au corps comme lieu de passage. De l’interne à l’externe, du désir au dégoût, la frontière est mince et l’artiste se plaît à déjouer les attentes et à contraindre le regard. Ses œuvres provoquent souvent chez le spectateur une hésitation entre gêne et fascination. « Un art sans connotation sexuelle n’a pas de raison d’exister. Je travaille à partir de nombreux sujets qui m’intéressent, donc mes œuvres doivent taquiner, plaire et faire souffrir, et arriver aussi à ce que le spectateur se sente coupable ! » Madeleine Berkhemer utilise aujourd’hui le petit cube de la boîte de collant comme support pour ses dessins. Le thème de la jambe revient beaucoup : jambes dénudées, jambes démultipliées et évidemment jambes recouvertes de collants. C’est dans cet intervalle entre érotisme et voyeurisme, préciosité et trivialité que Madeleine Berkhemer nous convie dans l’exploration des obsessions contemporaines.
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Par madmartigan le 27 Octobre 2009 à 07:24
Dian Hanson, éditrice du Quatrième Corps et familière de longue date de son travail, présente ainsi le quatrième et peut-être dernier volume de photographies de Roy Stuart publiées par TASCHEN, le photographe souhaitant se consacrer à la réalisation (un DVD accompagne d’ailleurs la présente édition) : « D’aucuns pensent qu’un homme qui parvient à son plein développement est composé de quatre corps, organismes indépendants vivant les uns à l’intérieur des autres à la façon de poupées russes. Chacun possède sa propre conscience et le plus enfoui peut gouverner les autres corps dans lesquels il réside. (…) Le premier est appelé Charnel, et il représente l’animal humain basique. Le second est le Corps naturel, siège des émotions. Le troisième corps est l’Esprit, centre de contrôle des pulsions physiques. Le quatrième corps, plus haut degré d’évolution, est la Conscience vraie, représentant la libération à l’égard de la dépendance physique et émotionnelle. Il est de nombreuses routes possibles pour atteindre le quatrième corps ; la trajectoire qui intéresse Stuart passe par l’épineux territoire du tabou sexuel.Roy sous-entend il, en choisissant ce titre, qu’il a atteint le summum de son évolution personnelle ? Son sens aigu de la modestie réfuterait une telle interprétation. Il invite plutôt chaque lecteur à examiner sa propre progression, à affronter ses tabous personnels, et à se demander quel est le corps qui a le contrôle au moment où ils sont plongés dans Fourth Body. »
Roy Stuart s’explique longuement dans une interview inaugurale sur son travail, son parcours, sa conception de l’érotisme et de l’art, grâce aux questions éclairées de Dian Hanson. Plus de deux cents photos permettent de découvrir les derniers clichés d’un artiste à l’univers exigeant.
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