• Les collants vont disparaître

    Les collants féminins sont en voie de disparition.

    Non pas qu’ils se soient rebellés — encore que l’idée d’un soulèvement de nylon contre la tyrannie des jupes me paraisse délicieusement plausible — mais parce que la femme moderne a décidé, avec une lucidité glaciale, que comprimer ses cuisses dans un filet fragile relevait davantage du sadomasochisme textile que de l’élégance.

    Il fut un temps où le collant moulait la jambe avec la discrétion d’un majordome anglais. Aujourd’hui, il file plus vite qu’un ministre en examen, se détend comme une promesse électorale et se troue avec la constance d’un pessimiste.

    On nous dira : “Mais le collant protège du froid.”
    Certes. Comme un grillage protège un poulet de l’hiver sibérien.

    La vérité, c’est que le collant est devenu un objet philosophique :
    il incarne la fragilité de l’existence, la vanité des apparences et le tragique du quotidien — surtout quand il lâche à l’entrejambe à 8h12, juste avant une réunion où l’on devait précisément défendre sa dignité.

    Ainsi disparaît le collant, non dans la dignité, mais dans un discret “ploc” de fibre synthétique, abandonnant derrière lui une époque où l’on croyait encore que l’élégance pouvait survivre à 20 deniers.

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